Les enfants réfugiés syriens à Gaziantep : un besoin en éducation toujours présent et essentiel

Date de publication : 23/01/2020 17:25 - Date de modification : 23/01/2020 17:31
Six ans après le début des activités éducatives de TSF, la situation est toujours précaire et instable en Syrie. À Gaziantep, on ressent toujours les effets de la guerre. Néanmoins, la soif d’apprendre est palpable avec les quelques 200 enfants qui participent aux activités des centres.

En 2014, plusieurs grands organismes lançaient l’initiative « No Lost Generation », un appel à la mobilisation en faveur des enfants syriens, victimes du conflit qui avait débuté 3 ans auparavant. No Lost Generation, ou l’idée que le conflit en Syrie a de tels impacts sur les futures générations qu’elles sont perdues, en les privant notamment de leur droit fondamental à l’éducation. Pour donner à ces enfants des moyens de se réapproprier leur vie, dès 2013 TSF s’engage dans le domaine des technologies pour l’éducation au bénéfice des enfants déplacés en Syrie et réfugiés en Turquie.

À cette époque, l’UNICEF estime que 8,4 millions d’enfants, soit plus de 80% de toute la population infantile syrienne, sont affectés par le conflit. TSF propose ainsi des activités à l’aide de ressources numériques en mathématiques, programmation et langue arabe dans les deux centres gérés par Minber Alsham, une organisation syrienne qui offre un soutien aux familles syriennes démunies de Gaziantep.

Six ans après le début des activités éducatives de TSF, la situation est toujours précaire et instable en Syrie. À Gaziantep, on ressent toujours les effets de la guerre. Cette grande ville du sud de la Turquie, proche de la frontière syrienne, compte aujourd’hui plus de 400 000 ressortissants syriens. Du fait de la barrière de la langue et du système éducatif turc peu adapté aux situations particulières des enfants syriens, beaucoup doivent travailler pour contribuer aux ressources de leur famille. Après avoir vécu l’enfer de la guerre, leur avenir est toujours compromis.

Néanmoins, la soif d’apprendre est palpable avec les quelques 200 enfants qui participent aux activités des centres. La plupart d’entre eux se trouvent dans une situation instable, c’est pourquoi nous avons mis en place le système des ceintures de compétences, qui leur permet d’apprendre à leur rythme, et d’avoir toujours une perspective de progression, quel que soit leur âge ou leur niveau. Cette manière de travailler leur permet de se réapproprier les apprentissages de base d’une manière flexible leur autorisant plus d’autonomie, et favorisant l’entraide. Cela est essentiel pour qu’ils retrouvent progressivement confiance en eux, tout en construisant leur futur.

Le droit à l’éducation est un droit humain universel et il est ainsi impératif que des solutions continuent d’être mises en place pour que ces enfants puissent devenir des adultes avec des prospectives de futur. A travers ses projets TSF s’engage en soutenant l’apprentissage des technologies et de la culture de l’innovation auprès de ses enfants en décrochage scolaire. Un nouveau projet est notamment en train de débuter pour développer des activités de mLearning. Il sera mis en place au cours du premier semestre 2020 et permettra d’autant plus aux enfants d’acquérir des compétences utiles au quotidien, qui leur donneront une perspective d’avenir.