Contexte : Séisme
Date de début : 22/06/2015
Date de fin : 14/08/2015
Zones d’intervention :

  • Département de Sindhupalchowk
  • Ville de Sukute

Activités :

  • Système de collecte de données mobile
  • Connections satellitaires

4 équipes médicales
14 villages
7 422 consultations
2 367 cas détectés
40 000 bénéficiaires indirects

Post-urgence - Système de détection épidémique

Date de publication : 25/05/2015 00:00
Date de modification : 22/06/2018 15:52
2015
Mise en place d’un système mobile de collecte de données médicales pour améliorer et fluidifier les échanges d’informations.

Contexte

Le 25 avril 2015, le Népal a été frappé par le séisme le plus fort depuis plus d'un siècle, d’une magnitude 7,8 sur l'échelle de Richter, qui a coûté la vie à près de 9 000 personnes. Quelques semaines plus tard, le 12 mai, un deuxième séisme de magnitude 7,2 a de nouveau secoué le pays, provoquant d'autres glissements de terrain, arrachant des maisons et bloquant les routes.

Situé entre la Chine et l'Inde, ce pays enclavé a l'une des géographies les plus complexes du monde, et l'infrastructure routière de l'Himalaya, déjà sous-développée, a été encore affaiblie par les glissements de terrain provoqués par les tremblements de terre.

Selon les estimations, 70% des infrastructures du pays ont été lourdement endommagées et plus de 80% des établissements de santé détruits.

Des médecins itinérants ont travaillé pendant des mois à la suite des séismes, voyageant de village en village pour aider les infirmes et organiser pour les cas les plus graves leur transport vers des centres médicaux. Avec l’arrivée de la saison de la mousson, il était vital pour la communauté médicale de tenter d'atténuer la propagation des épidémies.

Implémentation

Télécoms Sans Frontières a déployé ses équipes au Népal pour répondre à la première urgence et fournir des moyens de communication à la fois aux acteurs humanitaires et à la population affectée.

Il est rapidement apparu que la réponse à cette crise irait au-delà de l’urgence, notamment en raison du relief escarpé rendant difficile l’accès aux zones les plus reculées. Après plusieurs semaines de réponse à l’urgence, TSF a dirigé ses efforts sur la construction de projets permettant d’améliorer les services de santé dans ces zones reculées grâce à des solutions mobiles.

L’ONG Médecins du Monde (MdM) a mis en place des équipes de santé mobiles dans l’une des régions les plus affectées ; Sindulpachowk, pour répondre à l’urgence dans les villages devenus inaccessibles suite aux nombreux glissements de terrain. Ces équipes se déplaçaient d’abord en hélicoptère, puis à pieds, afin d’offrir consultations et traitements médicaux. Une fois leur travail terminé, les rapports quotidiens devaient être envoyés à Katmandu afin que les données soient entrées dans une base de données puis analysées pour permettre la détection de potentielles épidémies.

Avant l’intervention de TSF, ces rapports étaient faits par téléphone conduisant à de nombreuses lenteurs et imprécisions. De plus, beaucoup des zones n’ayant pas de couverture réseaux, les équipes n’étaient pas toujours en mesure de délivrer leurs rapports en temps réels.

TSF a développé un système de collecte de données mobile pour faciliter ce travail en rendant les échanges et l’analyse d’informations plus précis et plus rapide. L’application a été installée sur des smartphones afin de permettre aux médecins d’envoyer leurs rapports depuis les zones les plus reculées grâce aux communications satellitaires.

Des sessions de formation menées par les experts mHealth de TSF ont eu lieu à Katmandou et Sukute. Des équipes de médecins mobiles ont été formées non seulement à l’utilisation de ce système mHealth, mais aussi sur les équipements de communication satellitaire nécessaires pour l’envoi de rapports de santé en l’absence de réseaux mobiles.

Une fois formées, ces équipes de médecins sont partis pour la région de Sindhupalchowk et ont concentré leurs opérations autour des 14 villages les plus affectés. Leur présence sur le terrain variait d’un jour à une semaine, avec une moyenne de 250 à 500 consultations par jour.

Grâce à ce système, plus de 40 000 personnes ont bénéficié de soins et de nombreuses épidémies - habituellement accélérées par l’arrivée de la mousson - ont ainsi pu être détectées.

Népal Post-urgence 2015 - Carte villages intervention MDM

Suite aux différentes interventions des médecins sur le terrain, les données récoltées étaient ensuite automatiquement transmises sur une base de données centralisée. En un seul « clic », les équipes de surveillance de Katmandou peuvent mettre à jour leurs statistiques et tableaux de données médicales.

Ces données étaient ensuite transformées en analyses quantitatives selon les critères de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et permettaient ainsi de déterminer les zones prioritaires les plus vulnérables aux potentielles épidémies.

Le schéma ci-dessous explique en détail les différentes phases du système et les zones d'intervention :

Népal Post-urgence 2015 - Méthodologie

Images