COVID-19 : les technologies comme outil essentiel pour assister à distance les plus vulnérables

Date de publication : 04/06/2020 16:57 - Date de modification : 04/06/2020 16:57
Distanciation sociale, confinement, quarantaines, fermetures de frontières : la nécessité de limiter la diffusion du COVID-19 a conduit à la limitation des voyages et toute proximité avec les autres. Néanmoins, les plus vulnérables continuent à requérir notre assistance, d’autant plus en ce moment. TSF s’est donc efforcée d’assurer à distance la continuité de tous les projets en cours et même le démarrage de nouvelles actions.

 « Nous avons réussi à bien nous adapter aux restrictions. L’utilisation d’outils techniques qui nous permettent de gérer nos actions à distance a toujours été une composante essentielle de notre travail. Cela nous permet un suivi plus efficace et la résolution rapide de tout problème technique. Ainsi, pendant cette crise sanitaire, nous continuons à 100% notre action de soutien auprès des plus démunis » nous explique Jean-François Cazenave, Président de TSF.

Des solutions pour continuer l’assistance auprès de nos bénéficiaires

Des enfants se sont retrouvés soudainement dans l’impossibilité d’aller à l’école et sans les moyens nécessaires pour suivre la classe à distance, des migrants et réfugiés se sont retrouvés bloqués, perdus dans des pays étrangers, sans accès à des informations fiables. Du fait de leur situation vulnérable, les bénéficiaires que nous assistions avant la pandémie couraient le risque de ne plus pouvoir être assistés. L’utilisation de technologies adaptées nous a permis de poursuivre notre soutien auprès d’eux dès le premier jour des restrictions.

En Turquie nos activités éducatives ont pu continuer à distance, après la fermeture des centres, grâce à une plateforme en ligne spécifiquement développée par notre équipe technique. Cette plateforme permet aux enfants syriens de continuer leur apprentissage, déjà très morcelé, et de bénéficier d’un suivi auprès du personnel enseignant. Emmanuel, Coordinateur de Projets, décompte « 152 enfants qui sont actifs sur ces activités. De plus, plusieurs enfants syriens qui ne participaient pas aux activités du centre avant sa fermeture ont découvert cette opportunité d’apprentissage à distance et ont demandé d’y participer ».

En Bosnie comme au Mexique, nos projets peuvent être gérés entièrement à distance. Une fois le matériel installé, nos ingénieurs font le suivi technique depuis le siège tout en gardant un contact constant avec les équipes et partenaires locaux. Florent Bervas, Chef de Mission pour la Bosnie, nous explique que « la gestion a dû se faire totalement à distance, depuis la prise d'informations auprès de l’Organisation Internationale pour les migrations (OIM), le gestionnaire du centre où nous sommes actifs, jusqu'au déploiement d'équipements supplémentaires ». En effet, une zone d’isolement a été installée à l’extérieur du bâtiment principal du centre d’accueil, nécessitant ainsi de la part de TSF d’étendre l’accès Internet à cette zone. « Pour arriver à ce résultat, il était nécessaire de collecter un maximum d'informations sur l'emplacement exact de cette zone, le nombre de personnes présentes et le réseau électrique existant... Ensuite, des schémas réseaux ont été conçus pour visualiser précisément l’emplacement des câbles, les sources d’électricité, les modifications à apporter ainsi que les équipements réseaux qui seront installés. Toutes ces documentations techniques avaient pour objectif de pouvoir déléguer sereinement l'étape d'installation à une entreprise locale ».

Au Mexique, la conception de la solution a permis de continuer le suivi selon Sébastien Lannes, Ingénieur Réseaux et Systèmes : « En contact permanent avec notre coordinateur projet et nos partenaires sur le terrain avant la pandémie, nous avions déjà l'habitude de nous coordonner efficacement malgré la distance et le décalage horaire. L'architecture de notre système est orientée Cloud Computing. Nous avons un serveur central sur lequel se connectent nos télévisions à travers des Single Board Computers. Le système peut être utilisé de n'importe où tant qu'une connexion Internet est disponible et il en va de même pour son administration. De plus, nous disposons d’un système de monitoring en temps réel qui, en cas de dysfonctionnement d’un équipement, nous envoie une alerte immédiatement. Cela nous permet d’avertir notre coordinateur afin qu’il puisse prendre contact avec le centre dans lequel se trouve l’équipement concerné pour solutionner le problème dans les plus brefs délais ».

Le soutien de TSF aux soins médicaux en Syrie se poursuit et se renforce à distance à travers la connectivité fournie à 9 centres médicaux. Parmi eux, 2 centres ont été rouverts au mois d’avril et mai dans la zone d’Idlib, où la menace du COVID-19 ajoute un poids supplémentaire aux familles vivant dans des conditions désastreuses depuis plusieurs mois.

Fermeture des frontières, suspension des vols internationaux… Comment assister les victimes d’une catastrophe naturelle sans pouvoir se déployer ?

En cas de catastrophe naturelle, ce seraient les restrictions de voyage et les mesures de quarantaine obligatoire, toujours en vigueur dans plusieurs pays, qui limiteraient les possibilités de déploiement d’équipes TSF.

Pour l’instant, cette année il n’y a pas eu de catastrophes naturelles majeures affectant les télécommunications, mais les prévisions pour la saison des ouragans dans l’océan Atlantique laissent présager un risque considérable pour des populations déjà rendues vulnérables par la pandémie. TSF reste mobilisée et met tout en œuvre pour assurer son soutien aux populations vulnérables et à la coordination humanitaire, malgré les difficultés de déplacement.

Grâce aux bonnes relations gardées avec des agences gouvernementales de nombreux pays dans lesquels nous sommes intervenus pendant plus de 20 ans d’activité humanitaire, nous pouvons envoyer rapidement des équipements satellitaires et assurer une assistance à distance pour l’installation, l’utilisation, la gestion et la maintenance de ces derniers. « Lorsque TSF s’engage en prenant en charge la fourniture des communications satellitaires, et d’autant plus dans la situation actuelle de travail à distance, nous ne nous arrêtons pas simplement à donner des téléphones, des antennes et du crédit. Les organisations auprès de qui nous nous engageons bénéficient également de tout notre savoir-faire dans le domaine des communications Internet par satellite. Cela passe évidemment par du conseil à l’utilisation mais aussi par de la priorisation des communications qui le nécessitent, du filtrage des contenus ou applications inappropriées. Cela est encore plus nécessaire dans un contexte de crise, pour garantir aux bénéficiaires un accès privilégié aux services essentiels en situation d’urgence comme la VoIP ou la messagerie instantanée. Sans ce filtrage, un ordinateur ou un smartphone connecté en WIFI à la connexion Internet satellitaire qui met à jour son système d’exploitation ou ses applications, peut saturer la connexion à lui seul, rendant toutes les autres utilisations d’Internet impossibles aux autres utilisateurs » nous explique Clément Bruguera, Coordinateur Urgences et NTIC (Nouvelles Technologies d’Information et de Communication).

 

Cette pandémie nous a montré le rôle capital que les technologies jouent dans la vie quotidienne de ceux qui en ont les moyens, pour continuer à apprendre, travailler ou garder les liens familiaux. Pour TSF, les technologies sont un moyen de donner ces mêmes possibilités à ceux qui n’y ont pas accès.