« Une bonne connexion internet » pour se sentir plus proche des siens

Date de publication : 10/07/2019 18:00 - Date de modification : 11/07/2019 15:09
Imaginez : vous apprenez que votre père est mort tandis que vous êtes à l’étranger, seuls, loin de votre famille, de vos amis et de vos proches et vous n'avez aucun moyen de les contacter. Si quelqu'un vous propose de l'aide, que demanderiez-vous ? « Un endroit privé avec une bonne connexion internet pour pouvoir appeler ma famille sur Skype », c’est le besoin formulé par un migrant, qui venait de perdre son père, auprès du personnel de l’IOM au centre de Bira où TSF a installé une connexion internet pour les migrants, réfugiés et organisations humanitaires.

« Une bonne connexion internet » fait toute la différence dans ce genre de situation. Cela permet d’entendre la voix de ses proches, de les voir, d’être présent, en quelque sorte. Aujourd’hui, disposer d’Internet peut sembler secondaire pour quelqu’un qui est en difficulté et essaye de survivre dans sa quête d’une vie meilleure. Cependant, en y repensant, dans une telle situation où rien autour de nous n’est familier, juste quelques minutes de la voix d’un proche, une image, même un peu floue, de quelqu’un que nous connaissons, ou juste un message, peuvent être extrêmement réconfortants pour soi et sa famille. 
 
Amira Hadzimehmedovic, Responsable du centre de Bira pour IOM en Bosnie, confirme: « Grâce à mon travail auprès des migrants, je me suis rendue compte qu’ils sont reconnaissants de pouvoir avoir une connexion internet et qu’ils en ont besoin plus que tout autre service, parce que c’est leur seul lien avec leurs familles restées dans leurs pays d’origine ». Or la famille représente nos racines. Peu importe où nous sommes et où nous allons, c’est une partie de nous dont nous avons toujours besoin. Cette connexion est tellement importante pour eux que dès qu’elle ne fonctionne plus, due à des pannes temporaires de courant, les bénéficiaires le notifient tout de suite au personnel du centre : « à chaque fois qu’il y a un problème avec Internet, ils [migrants et réfugiés] viennent demander pourquoi cela ne marche pas avant que moi-même je n’identifie le problème », Amira poursuit.        

Florent Bervas, Chef de Mission pour TSF en Bosnie, partage le même sentiment : « Les retours d’expérience des utilisateurs de notre connexion au centre de transit de Bira, à Bihać, sont positifs : tous sont extrêmement reconnaissants car c’est leur seul moyen de rester en contact avec leurs proches. Dès qu’il y a une interruption de service à cause d’une coupure de courant, ils arrivent par dizaines auprès des responsables du centre pour demander son rétablissement ».

La situation en Bosnie ne s’améliore pas ; au moins 7 500 migrants et réfugiés se trouveraient dans le pays, et des dizaines tentent de passer la frontière vers la Croatie chaque jour. Les conditions de vie restent très difficiles, tant pour ceux qui vivent dans les centres que pour ceux qui dorment dans les parcs, des bâtiments abandonnés ou autres abris improvisés. Dans une telle situation, TSF fournit aux migrants et réfugiés des lueurs d’espoir grâce à un accès à Internet qui, pour eux, a bien plus de valeur qu’une simple connexion. Elle représente avant tout un lien psychologique essentiel pour ces personnes marquées par des années d’errance et de souffrance.