Contexte : Séisme
Date de début : 27/12/2003
Date de fin : 15/01/2004
Zones d’intervention : Bam
Activités :

  • Centre télécoms
  • Opérations de téléphonie humanitaire

63 organisations et autorités locales bénéficiaires
1 905 Mo de données échangées pour la coordination
200 appels d’urgence pour la coordination et la population

Séisme de Bam

Date de publication : 27/12/2003 00:00
Date de modification : 09/07/2019 16:51
2003 - 2004
Avec le soutien de la Commission Européenne (ECHO), TSF s’est mobilisée pour renforcer la coordination et intervenir auprès la population suite au violent tremblement de terre qui a frappé la ville de Bam

Contexte

Le 26 décembre 2003 à 5h28 heure locale, un violent tremblement de terre d’une magnitude de 6,3 sur l’échelle de Richter a frappé le sud-est de l’Iran. Le séisme fut d’une violence extrême, provoquant d’énormes dégâts et détruisant à plus de 80% les quelques 15 000 maisons de la ville de Bam.

La secousse a frappé la ville endormie, emprisonnant des dizaines de milliers de personnes dans les décombres de leur habitation. Le bilan officiel a fait état de 43 000 morts, plus de 50 000 blessés et des dizaines de milliers de personnes sans-abri, avec des températures hivernales souvent inférieures à zéro degré pendant la nuit. Il s’agissait du tremblement de terre le plus meurtrier en Iran depuis celui de juin 1990 ayant causé la mort de 37 000 personnes.

La grande majorité des infrastructures ayant été détruite, les communications téléphoniques et radio ont été coupées. Le réseau électrique a été gravement endommagé, compromettant l’utilisation des téléphones portables, ensevelis pour la plupart sous les décombres. La société Ericsson Iran a confirmé que l’accès téléphonique à l’international était impossible.

Déploiement

Télécoms Sans Frontières a proposé aux autorités de Téhéran son assistance et la mise à disposition de ses équipements et techniciens auprès des organismes de secours. L’équipe est arrivée Bam dès le 28 décembre et s’est immédiatement installée au Centre de Crise des Organisations Internationales pour intervenir à la fois auprès des organismes de secours et de la population iranienne. Les opérations de TSF ont été cofinancées par le service de la Protection Civile et Opérations d'Aide Humanitaire Européennes (ECHO).

Centres télécoms

Le Croissant Rouge iranien a immédiatement mis à disposition une tente permettant à TSF d’ouvrir pour tous les organismes présents sur le site un centre télécoms, seul lien avec le monde extérieur. D’abord situé dans le camp des Equipes de Secours Internationales, à proximité de la tente dédiée au Centre de coordination des opérations sur le terrain (OSOCC), le centre télécoms de TSF a ensuite été transféré au Stadium avec tous les autres organismes internationaux.

Pour établir les connexions Internet, TSF a utilisé des cartes Wi-Fi placées dans chaque PC, ceux-ci été connectés par ondes radio au routeur distribuant la connexion Internet. TSF mettait six ordinateurs à disposition des ONG, mais ces dernières pouvaient aussi utiliser leur ordinateur personnel et le connecter à Internet par un câble réseau en se branchant à l’un des ports du routeur.

De même, les équipes d’intervention rapide et les ONG qui avaient leur propre matériel sont venues au centre pour bénéficier du savoir-faire des techniciens TSF et bénéficier de leur assistance technique. Au-delà de l’aspect technique, le centre était un lieu de rencontre pour toutes les organisations travaillant sur le site de Bam et permettait l’échange d’informations sur l’évolution de la situation et des projets. L’OSOCC a utilisé le centre TSF comme relai pour toutes les informations recueillies.

Le centre TSF s’est révélé indispensable pendant la phase d’urgence, permettant aux équipes de secours d’envoyer leurs rapports à leur siège dès leurs retours d’intervention. Une fois cette phase terminée, l’équipe TSF a annoncé son départ. Mais devant l’insistance de la part de nombreuses organisations partenaires d’ECHO (Oxfam, Save the Children UK, World Vision, Mercy Cops, Merlin, Comité d’Aide Médicale…), TSF a dû prolonger sa mission afin de leur apporter un soutien pour le démarrage et la mise en place de leurs projets. Le centre TSF est donc resté ouvert les premiers jours de la phase de réhabilitation.

Opérations de téléphonie humanitaire

L’équipe TSF s’est immédiatement mise en relation avec le mouvement Croix-Rouge pour obtenir une évaluation de la situation et instaurer une collaboration pour les opérations bénéficiant à la population sinistrée. A Bam, le Croissant Rouge iranien a mis à disposition de TSF une salle dans son siège ainsi que des volontaires venus d’autres villes pour apporter leur aide à leurs compatriotes.

C’est dans cette salle que TSF a installé un pôle de téléphonie. Compte tenu des difficultés rencontrées, cette opération n’a pu être menée que pendant deux jours. A l’initiative d’un médecin bénévole sensible à l’action de TSF, un pôle itinérant a été mis en place à bord d’une ambulance du Croissant Rouge iranien chargée de la distribution de médicaments auprès de la population du district d’Esfikan.

80% des appels furent des appels locaux destinés à rechercher des membres de la famille blessés lors du tremblement de terre et hospitalisées au hasard des places dans les hôpitaux des villes voisines. Etant donné l’importance du nombre de victimes et de blessés, il a été très difficile pour les autorités locales de s’organiser efficacement de manière à établir une liste précise répertoriant les blessés et leur lieu d’hospitalisation. Les iraniens n’ayant pas ces informations primordiales, il était impossible pour les techniciens de TSF de les mettre en contact avec leurs proches. D’autre part, la population n’étant pas recensée et mal localisée, il a été très difficile de diffuser l’information. Pour toutes ces raisons, l’activité de téléphonie a été très limitée.

Le réseau fixe a été remis progressivement en service et une centaine de cabines publiques avec accès gratuit au réseau national ont été installées par l’opérateur iranien.

L’implication de Télécoms Sans Frontières en réponse au séisme de Bam a ensuite déclenché une collaboration officielle avec les Nations-Unies via les agences d’OCHA et d’UNICEF qui étaient alors responsables de la coordination du secteur des télécommunications d’urgence.

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