Journée mondiale des réfugiés 2024
Ce qu’il faut savoir sur les besoins des réfugiés en matière de communication à l’occasion de cette Journée mondiale des réfugiés.

Le 20 juin, nous célébrons la Journée mondiale des réfugiés afin de rendre hommage à la force et au courage des personnes qui ont été contraintes de fuir leur pays d’origine pour échapper à un conflit ou à des persécutions. Nous souhaitons mettre en avant les personnes que nous rencontrons au cours de nos missions, comme Feliciano, un homme qui a fui la violence dans son pays et a demandé le statut de réfugié.
Pourquoi la Journée mondiale des réfugiés est-elle importante ?
Sur les 110 millions de personnes déplacées dans le monde, plus de 36 millions étaient des réfugiés en 2023, dont 69 % étaient accueillis dans des pays voisins.
Depuis la création de TSF en 1998, qui a permis d’apporter des moyens de communication aux personnes fuyant la guerre au Kosovo, jusqu’aux crises actuelles, nous avons rencontré d’innombrables personnes contraintes de quitter leur foyer, qui se sont construit une nouvelle vie après avoir été obligées de fuir ce qu’elles connaissaient.
L’équipe de TSF au Mexique, qui travaille dans le cadre du projet de diffusion d’informations destiné aux personnes déplacées en Amérique latine, témoigne :
« À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, nous souhaitons rendre hommage à tous les migrants d’Amérique latine qui, bien qu’ils soient confrontés à des situations parmi les plus difficiles et les plus précaires, gardent en eux un lien puissant avec la vie. Nous savons qu’il s’agit de l’un des parcours les plus importants de leur vie et qu’il est animé par un amour profond de la vie et le souci de leurs familles. »
L’histoire de Feliciano, demandeur du statut de réfugié
En Amérique latine, de nombreuses personnes fuient la violence et des conditions de vie difficiles, à l’image de Feliciano, un Hondurien que nous avons rencontré dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile. Il avait entamé son périple trois ans avant notre rencontre.
« J’ai fui la violence des Maras et la situation économique de mon pays. Ils enlèvent vos enfants ou vous kidnappent, ils vous menacent… ». Feliciano a quatre enfants, deux à Los Angeles et deux au Honduras. Pour lui, la seule solution était de « vendre le peu que nous avions et de venir au Mexique ».
« Je pensais que j’allais mourir ici. »
À son arrivée au centre d’accueil, il était en mauvaise santé : il souffrait de blessures au cou et au dos, ainsi que de problèmes cardiaques. Le centre l’a aidé à accéder à des soins médicaux : « Je suis sous traitement médical pour pouvoir travailler une fois que ma demande d’asile aura abouti. Ma demande de statut de réfugié a été rejetée trois fois à cause d’erreurs d’orthographe dans mon nom. »
« Je me sentais déprimé d’être malade, je me demandais : “Qu’est-ce que je vais faire ici ?” Je pensais que j’allais mourir ici, mon état cardiaque était très grave. On m’a apporté une aide médicale par l’intermédiaire [du centre d’accueil] ; l’écran [d’information] et l’aide du [centre d’accueil] m’ont aidé à me calmer. Ils m’ont aidé à régler mes démarches administratives et à prendre soin de ma santé. Les informations affichées à l’écran m’ont aidé à décider de rester [au centre d’accueil]. »
Il aime consulter l’écran tous les jours pour voir quelles sont les actualités ou les nouvelles informations disponibles. « Tout est important : savoir où trouver des informations, connaître les endroits où l’on peut obtenir de l’aide, les centres d’accueil, etc. Même à la télévision, on ne voit pas les informations qui s’affichent à l’écran, comme les itinéraires de train. Je vais repartir d’ici encouragé, avec mes papiers. »
« Tout est important [dans les informations affichées à l’écran]. »
Informations essentielles et connectivité pour les réfugiés
Les réfugiés ont les mêmes besoins de communication que tout le monde : ils doivent trouver des prestataires de soins de santé et des services sociaux, inscrire leurs enfants à l’école… Le Dr Maitland, professeur en sciences et technologies de l’information et invité du Call to Comms l’année dernière, a également souligné l’importance de connecter les camps de réfugiés, souvent situés dans des zones reculées où l’accès à Internet est limité, afin qu’ils puissent trouver des services, un soutien psychologique, des informations et bien plus encore.
En Amérique latine, notre projet de diffusion d’informations fournit des renseignements spécifiques sur les procédures administratives et juridiques, afin que les personnes sachent si elles peuvent demander le statut de réfugié et disposent d’informations fiables si elles décident de déposer une demande.
« Je vais repartir d’ici encouragé. »
Feliciano, un Hondurien hébergé dans un centre d’accueil mexicain, demandeur d’asile.