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Rencontre avec Irinah, Responsable du centre IT Cup: “L'inclusion numérique est cruciale à Madagascar”

30 Juillet 2024

Rencontrez Irinah, qui travaille pour TSF à Madagascar depuis près de 10 ans. Elle explique pourquoi l'inclusion numérique est importante dans le pays, et comment elle travaille et milite en faveur de celle-ci.


Rencontre avec Irinah, responsable du centre IT Cup à Miarinarivo

Une interview d'Irinah, coordinatrice de projet chez TSF depuis plus de 10 ans.

Tu fais partie de l'équipe TSF à Madagascar, peux-tu nous expliquer quel est ton rôle ? 

Des jeunes s'inscrivent à une activité au centre IT Cup

Je suis responsable du centre ITCUP Miarinarivo depuis septembre 2015, un projet à long terme de TSF lancé en 2012. Au départ, notre objectif était de réduire la fracture numérique dans la région d'Itasy en ouvrant un cybercafé et en proposant des formations à l'utilisation d'Internet au lycée général. Par la suite, nous avons développé des activités extrascolaires et ouvert des sessions de formation à la cartographie à un public plus large.

Cette année, nous avons restructuré le centre afin de suivre la vision de TSF avec une nouvelle stratégie. Nous visons à améliorer l'accès à l'information et à promouvoir l'inclusion numérique en renforçant les compétences informatiques de base de la population.

Mon rôle principal est de veiller au bon fonctionnement du centre et à la réalisation de ses objectifs. Je participe également aux activités et aux formations que nous proposons au centre.

“Le coût d'une connexion internet équivaut à celui d'un repas par jour.”

Pourquoi l'inclusion numérique est-elle importante à Madagascar selon toi ?

Un éducateur du centre partenaire Alabri présente des ressources numériques lors de la Journée Safer Internet Day

L'inclusion numérique est cruciale à Madagascar, car l'accès à Internet reste difficile et coûteux en raison de la pauvreté. Par exemple, pour se connecter à Internet, il faut payer 3 000 Ar, ce qui équivaut au prix d'un repas de midi pour une personne. De plus, la population ne dispose souvent pas du matériel nécessaire et les technologies numériques ne sont pas encore une priorité par rapport aux besoins essentiels tels que l'alimentation et les revenus.

« Il est essentiel de développer l'inclusion numérique afin que chacun puisse bénéficier des services sans discrimination. »

Cependant, de nombreux services, tant publics que privés, utilisent des plateformes numériques. Par exemple, les fonctionnaires doivent désormais utiliser des applications mobiles pour retirer leur salaire, sinon ils doivent faire la queue à la banque. De même, la comptabilité municipale est numérisée et accessible uniquement en ligne. Il est donc essentiel de développer l'inclusion numérique afin que chacun puisse bénéficier de ces services sans discrimination

À quels défis es-tu confrontée dans ton travail ?

L'un des principaux défis auxquels j'ai été confrontée, et qui reste d'actualité, a été de convaincre le maire et la commune de Miarinarivo des avantages des technologies numériques (courrier électronique, réseaux sociaux et autres applications de communication).

Pour le maire, le numérique était perçu négativement, comme une menace culturelle et une source potentielle d'insécurité en raison de son coût élevé. En 2015, j'ai commencé par lui apprendre à utiliser un e-mail (que j'ai créé pour lui) et lui ai suggéré de créer une page Facebook pour améliorer la visibilité de la commune.

Aujourd'hui, son e-mail est toujours actif et il a développé plusieurs partenariats grâce à ses échanges. La page Facebook est également active, ce qui augmente la visibilité des événements culturels organisés par la commune. Récemment, je l'ai aidé à créer son compte WhatsApp afin de faciliter l'accès aux informations provenant d'autres services publics et les échanges avec d'autres autorités pour le développement de la ville.

Quelle expérience t'a marquée depuis que tu travailles à TSF ?

Tournoi de football pour les 10 ans du projet IT Cup à Miarinarivo

Mon expérience la plus mémorable chez TSF a été l'organisation du 10e anniversaire du centre. Lors de cet événement, j'ai dû apprendre les règles du football international pour organiser les tournois, car tout le personnel était composé d'hommes et j'étais un peu mise à l'écart en tant que femme, censée ne pas être familière avec ce domaine. J'étais très heureuse car l'équipe du tournoi a gagné grâce à une fille lors des tirs au but, puisque nous étions des équipes mixtes.

« Je transmets mes connaissances afin que les gens puissent bénéficier d'une plus grande stabilité dans leur vie grâce aux outils numériques. »

Et enfin, peux-tu nous partager quelque chose qui te motive particulièrement ? 

Irinah leads a digital inclusion activity at the IT Cup center.
Irinah anime une activité d'inclusion numérique au centre IT Cup

Ce qui me motive le plus, c'est d'avoir une bonne équipe derrière moi. C'est comme dans un match de football : on ne peut pas marquer un but sans travailler ensemble.

De plus, compte tenu de la situation à Madagascar, l'accès à la connaissance et à l'information est encore très limité. Selon le rapport sur l'éducation nationale, seuls 30 % des enfants peuvent fréquenter l'école maternelle et, bien sûr, terminer leurs études secondaires.

« Certains usagers m'ont dit que leur passage au centre leur avait ouvert de nouvelles perspectives et leur avait assuré un avenir meilleur. »

Au centre ITCUP, je suis devenu une médiatrice entre le monde numérique, Internet, l'information et le grand public. Je transmets des connaissances afin que les gens puissent avoir plus de stabilité dans leur vie grâce aux outils numériques.

De nombreux usagers ont ainsi pu résoudre leurs problèmes, par exemple en effectuant des démarches administratives, en poursuivant leurs études ou en contactant leurs proches. Certains m'ont confié que leur passage au centre ITCUP leur avait ouvert de nouvelles perspectives et leur avait assuré un avenir meilleur.

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