Nos origines
Télécoms Sans Frontières a été créée en 1998, après sept ans d’expérience humanitaire acquise lors de conflits majeurs comme la guerre du Golfe et celle des Balkans. Ses fondateurs ont constaté, dès les années 1990, que les télécommunications étaient un besoin essentiel au même titre que l’aide médicale ou alimentaire.
Les origines de TSF
Aux prémices de la guerre du Kosovo, TSF n’est pas encore créée, mais ceux qui seront quelques mois plus tard ses fondateurs partent pour leur première mission de « téléphonie humanitaire », une mission pilote qui leur fera prendre conscience des besoins vitaux en communication sur le terrain. À leur retour en France, ils décident donc de créer TSF. Une fois l’enregistrement effectué, TSF ouvre son premier bureau à Pau et constitue sa première équipe d’urgence composée de salariés et de volontaires.
Première mission officielle de TSF
L’organisation créée, ses fondateurs investissent dans leur premier téléphone satellite et partent aux frontières du Kosovo pour offrir des appels téléphoniques aux milliers de réfugiés qui fuient les combats. La modeste organisation se professionnalise et surtout se fait remarquer. Les premiers mécènes s’engagent auprès de TSF et lui permettent d’avoir une réponse d’urgence internationale.
Premières opérations de soutien à la coordination humanitaire
En 1999, lors du tremblement de terre d’Izmit en Turquie, Télécoms sans Frontières se mobilise pour la première fois suite à une catastrophe naturelle et répond aux besoins en communication des secours présents. Mais c’est surtout pendant la guerre d’Afghanistan que les opérations de « renforcement de la coordination humanitaire» commencent à prendre de l’ampleur. TSF utilise les avancées technologiques satellitaires mobiles pour optimiser l’efficacité des actions des acteurs humanitaires.
Premières bases régionales – Amérique latine et Asie – Reconnaissance d’ECHO
TSF apporte une aide humanitaire d’urgence en moins de 24h auprès de populations fragilisées suite à une crise exceptionnelle ou une catastrophe naturelle. L’ouverture de bases régionales en Amérique Latine et en Asie permet une collaboration étroite avec le mécanisme de réponse national et régional. C’est aussi à cette période que TSF obtient son premier financement institutionnel dans le cadre de la convention cadre avec la Commission Européenne ECHO. À travers ce soutien financier, ECHO reconnait que les télécommunications sont essentielles en phase de 1ère urgence pour les populations et les acteurs terrain.
Tsunami dans l’océan Indien
Survenant au lendemain de Noël, le séisme et tsunami de 2004 a suscité un déploiement humanitaire et un élan de générosité sans précédent dans le monde. La nécessité de moyens de communications pour gérer l'afflux massif d'aide internationale et la réponse humanitaire, était primordiale et urgente. TSF s’est déployée sur zone en moins de 48h avec un vol affrété par le gouvernement français et a mené par la suite des opérations dans 3 des pays les plus touchés : l'Indonésie, le Sri Lanka et la Thaïlande.
TSF devient la première ONG partenaire des Nations unies - International
TSF est nommé « Premier Intervenant » du Cluster des Télécommunications d’Urgence (plus connu sous le nom de Emergency Telecoms Cluster - ETC). Créé par OCHA et à l’origine supervisé par UNICEF (de nos jours par WFP), l’ETC a pour objectif de mutualiser les moyens de télécommunications sur les urgences humanitaires en coordonnant les acteurs télécoms terrain. Dans ce cadre, mais tout en préservant son indépendance comme ONG, TSF a pour rôle d’ouvrir des Centres Télécoms pour la communauté humanitaire lors des 30 premiers jours qui suivent une crise. TSF assure également la transition vers des moyens à plus long terme afin de couvrir toute la phase d’urgence des missions.
Système d’Alerte Précoce SAP
TSF se rend compte que les crises alimentaires qui frappent régulièrement le Niger pourraient être limitées grâce à une utilisation optimisée des NTIC. Les techniciens de TSF développent et mettent en place un Système d’Alerte Précoce (SAP), chargé de collecter, traiter et diffuser des informations pertinentes relatives aux risques de crises alimentaires qui pourraient toucher certaines zones du pays. La réponse de TSF se diversifie alors avec l’installation de Centres de communication d’urgence permettant de diffuser les informations en temps réel et donc d’avoir une réponse globale plus rapide et mieux adaptée.
Renforcement des capacités
Reconnue comme ONG leader en télécommunications d’urgence, TSF est sollicitée pour dispenser des formations pratiques et participer à des exercices de simulation (SIMEX), notamment aux côtés des équipes d’Évaluation et Coordination en cas de catastrophe des Nations Unies (UNDAC) et du Groupe consultatif international de la recherche et du sauvetage (INSARAG). TSF ajoute le partage de capacités à ses activités, en cohérence avec son activité de réponse d'urgence.
Séisme d’Haïti
Le séisme de 2010 en Haïti est une crise humanitaire qui reste gravée dans la mémoire collective des gens à travers le monde. Pour les organisations humanitaires, ce fut l'une des pires catastrophes de ces dernières décennies. TSF s'est adaptée aux divers besoins de la communauté humanitaire en installant des connexions haut-débit dans les centres de coordination stratégiques au bénéfice de toute la communauté : agences des Nations unies, Commission européenne, ONG locales et internationales et autorités locales. En parallèle, TSF a offert un soutien psychologique essentiel aux populations affectées, grâce à des appels gratuits.
Éducation numérique (mLearning)
Les technologies investissent de plus en plus le monde de l’éducation. De son coté, TSF continue ses opérations de réponse d’urgence, notamment lors la crise Syrienne, mais ne peux pas rester les yeux fermés face aux besoins des enfants retranchés dans les camps de déplacés. L’Organisation décide donc d’utiliser son expertise en NTIC pour mettre en place des « centres mLearning » donnant aux élèves syriens, toujours accompagnés d’un professeur, un accès à des ressources éducatives numériques via des tablettes.
Premier Cyber Centre d’Urgence pour les populations
TSF est intervenue aux Philippines après le typhon Haiyan (connu localement sous le nom de Yolanda), qui a frappé les régions de Visayas et de Leyte. L’évolution des nouvelles technologies a créé de nouveaux moyens de communication. Au cœur de l’urgence, en complément des appels, TSF a adapté ses opérations aux habitudes de la population en ouvrant le premier Cyber Centre d’Urgence dans la ville de Guiuan.
Crise des migrants
Les Smartphones ont impacté le quotidien des exilés ; ce petit appareil est pour beaucoup leur bien le plus précieux. Pour la première fois dans le cadre de ses opérations, TSF donne les moyens à ses bénéficiaires d’utiliser leur propre téléphone mobile pour passer leurs appels, envoyer des messages instantanés ou se connecter à leurs réseaux sociaux. Ces connexions permettent l’entretien d’un lien affectif et psychologique des migrants avec leurs proches, mais aussi vulgariser des informations vitales visant à les protéger durant leur déplacement.
Connectivité itinérante
Pour la toute première fois, le 5 octobre, TSF mène une opération de Wi-Fi itinérant auprès de la population affectée par l’Ouragan Maria, sur l’île de la Dominique. Équipée d'un 4x4 et d'une parabole satellite mobile, TSF s’est déplacée de village en village pour fournir aux habitants un accès aux réseaux sociaux, aux applications de messagerie instantanée et aux sites d'information. Ces opérations ont permis de fournir un accès Wi-Fi haut débit itinérant aux zones les plus reculées de l’île.
TSF, 20 ans après
TSF fête ses 20 d’existence avec tous ses fidèles partenaires et fait le bilan : + de 70 pays, + de 20 millions de bénéficiaires, + de 140 crises humanitaires majeures, + de 850 ONG, Agences des Nations Unies et Autorités gouvernementales assistées. Mais bien plus que les chiffres, l’histoire de TSF montre combien les nouvelles technologies jouent un rôle primordial lors de crises humanitaires, que nous nous sommes battues pour optimiser leurs utilisations par les populations bénéficiaires durant 2 décennies et qu’il est essentiel de continuer à les adapter aux contextes et situations terrain.