Lama : une femme ingénieure pour construire le futur des enfants réfugiés syriens

Date de publication : 23/04/2020 10:20 - Date de modification : 23/04/2020 10:19
« Ils évoluent auprès de personnes qui parlent arabes dans un environnement sûr et bienveillant » : c’est la description que donne Lama pour dire l’importance des activités de TSF auprès des enfants réfugiés syriens à Gaziantep, Turquie. Lama est ingénieure, originaire de Damas en Syrie, et elle est l’une des professeures qui mènent nos activités éducatives en Turquie. Sécurité, bienveillance et apprentissage d’une langue peuvent sembler des éléments très simples, mais pour des enfants qui ont grandi dans un contexte de guerre, la possibilité de continuer leur éducation est la meilleure opportunité qu’ils puissent avoir.


Devenir ingénieure : un rêve d’enfant

Lama a toujours rêvé de devenir ingénieure : « Mon père est ingénieur et j’aime ce secteur depuis mon enfance. J’ai obtenu ma licence à la Faculté d’Ingénierie Informatique de l’université de Damas, avec une spécialisation en réseaux et systèmes d’exploitation ». À cause du conflit qui a dévasté son pays, en 2013 Lama s’est réfugiée en Turquie, et a commencé à travailler avec TSF trois ans plus tard, pour donner aux enfants syriens la possibilité de continuer leur apprentissage… et elle a beaucoup apprécié cette opportunité ! « J’aime utiliser les nouvelles technologies dans l’éducation. J’aime apprendre aux enfants syriens comment utiliser ces technologies qui les ouvrent à de nouvelles possibilités. Un jour je donnais un cours sur Google Maps et je me suis rendue compte que, pourtant populaire, les enfants ne savaient pas utiliser cette application. C’est un des moments qui m’a fait prendre conscience de l’importance de notre action auprès des enfants syriens ».  

Des enfants déscolarisés : une action essentielle pour améliorer leur futur

Les conditions de vie des enfants syriens en Turquie sont difficiles. L’un des principaux problèmes est la langue. Ils ne parlent pas ou peu le turc, et sont donc en grande difficulté à l’école. Cet aspect linguistique associé à des différences culturelles sont des obstacles à leur socialisation en milieu scolaire. Cela réduit considérablement leur envie d’y aller.

Pour ces raisons, les activités de TSF sont très importantes. « Les enfants syriens viennent pour acquérir des compétences numériques, l’Arabe, les Mathématiques. C’est un endroit où ils apprennent et ils peuvent se faire de nouveaux amis. La programmation des robots et l’apprentissage de l’informatique renforcent leur confiance en soi ; cela devient une forme de soutien psychologique. Cela les aide dans leur vie et peut leur ouvrir des perspectives professionnelles dans le futur. Grâce aux activités de TSF, les enfants apprennent que les technologies ne sont pas utilisées simplement pour jouer, mais qu’elles sont utiles par exemple pour apprendre en ligne ».

Femme et ingénieure : « Je leur dirais de croire en leur rêve »

La carrière de Lama n’a pas été facile. Outre le fait d’être une femme dans un secteur aujourd’hui majoritairement masculin les conséquences d’un conflit sans fin ainsi que son départ forcé dans un pays étranger n’ont pas facilité la réalisation de son rêve. Néanmoins, son travail au sein de TSF a été exceptionnel. Elle n’a pas seulement utilisé ses compétences techniques pour aider les enfants réfugiés à acquérir des compétences numériques de base, mais elle a aussi relevé plusieurs défis. Elle a appris comment enseigner de manière innovante et comment adapter son travail au système de ceintures de compétence. De plus, en collaboration avec les autres professeurs, elle a su adapter très rapidement les activités du centre à la pandémie de COVID-19. Elle les a réorganisées pour permettre aux enfants de continuer à apprendre à distance et s’occupe de leur suivi régulier durant cette période.

En tant que femme ingénieure, elle veut envoyer un message à toutes les jeunes filles qui voudraient commencer une carrière dans les technologies : « Je leur dirais qu’une carrière dans les technologies n’est pas facile, qu’elles doivent travailler dur et qu’elles exigent une veille constante pour être à la pointe des nouveaux développements. Je leur dirais de croire en leurs rêves et de croire qu’elles ont de grandes capacités dans ce secteur ».