Quand les chiffres deviennent des voix et des émotions

Date de publication : 18/04/2019 16:25 - Date de modification : 22/05/2019 08:41
Après un mois d'opération, TSF est à l'heure du bilan : plus de 90 organisations humanitaires soutenues dans 4 centres de coordination, avec plus de 775 Go de données échangées grâce aux connexions installées. Plus de 2 500 bénéficiaires parmi la population locale ont bénéficié de 26 opérations de téléphonie humanitaire avec 89% de premiers appels depuis la catastrophe.

Ces chiffres ne sont que le reflet de la principale préoccupation de TSF : les bénéficiaires, acteurs humanitaires et populations locales.

Ainsi, pendant un mois, les 4 centres de coordination humanitaire connectés, ont permis aux dizaines d’organisations humanitaires de partager des informations et des rapports pour pouvoir ainsi coordonner leurs opérations plus rapidement grâce à une connexion internet fiable. Ce fut le cas pour Mike, coordinateur du centre de Matarara, pour les équipes de l’hôpital de campagne de Samaritan's Purse à Buzi ou encore pour Sebastian Rhodes Stampa, Coordinateur humanitaire d’UNOCHA, au centre de coordination de l’aéroport de Beira : « TSF est un partenaire clé pour UNOCHA… si nous ne pouvons pas communiquer, alors rien ne fonctionne ». Et encore pour les équipes de MSF au centre de traitement du choléra proche de Dondo qui continuent, quant à elles, de bénéficier d’une connexion installée par TSF.

Bureaux de MSF à Mafambisse

Quant aux personnes, isolées, déconnectées, qui ont tout perdu suite au passage du Cyclone Idai, y compris le lien avec leurs proches, les milliers de minutes d’appel offertes par TSF lors de nos Opérations de Téléphonie Humanitaires (HCO) sont devenus des sources d’espoir. Ce fut le cas de victimes comme Elena, Isabel ou Guida, déplacées dans un refuge temporaire, qui ont finalement pu reprendre contact avec leur famille. Certains encore retrouvaient l’espoir, après la forte préoccupation, en découvrant que leur proche était encore vivant : « Ses proches lui ont raconté qu'ils avaient organisé une cérémonie, convaincu qu'il était mort. Quand il les a appelés, ils ont commencé à pleurer et nous pouvions vraiment lire la joie sur son visage. », raconte Paulo, un volontaire local de TSF.

Nourriture, abris ou soins médicaux, sont des éléments essentiels à la réponse humanitaire, mais la communication est un lien vital tout aussi important. Avoir une minute pour faire savoir à ses proches qu’on est en vie peut faire toute la différence. « Dès mon arrivée sur le terrain, j'ai compris que c'était très important. Des personnes cherchaient leur famille, ou celle-ci les cherchait sans pouvoir se joindre. Ils étaient désespérés. Ils ne savaient pas ce qu'il se passait. » Paulo poursuit.

La phase d'urgence étant terminée, nos équipes se sont retirées mais restent en contact avec les organisations encore supportées pour assurer la continuité des connexions en place. À la fin de sa mission, du matériel d'urgence restera positionné à Maputo pour assurer une réponse encore plus efficace en cas de nouvelle catastrophe dans la région.

Les derniers chiffres officiels de l’impact d’Idai rapportent 602 morts, 1.85 million de personnes affectées, 73 000 déplacées et 4,072 cas de choléra confirmés. Toujours des chiffres, qui rarement décrivent une situation dans sa complexité. Pour les équipes de TSF, elles retiendront les « on vous attendait avec impatience »,  « ce que TSF a fait a été très important pour la communauté », « merci pour le travail que vous faites » ainsi que les sourires des bénéficiaires dès qu’ils entendaient la voix de leur proches. Ce qui restera surtout, c’est la sensation d’avoir redonné l’espoir à des personnes désespérées, perdues au milieu du désastre.